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Combattre le développement de la pauvreté chez les retraités

Depuis plusieurs années, les 16 millions de retraités français, du secteur public comme du privé, constatent que leur situation ne cesse de se dégrader. Pourtant la retraite n’est pas un privilège ou une prestation sociale. Elle est un droit obtenu par le travail et son niveau est directement le résultat des rémunérations perçues pendant la vie professionnelle et le nombre d’années cotisées, corrigé de mesures de solidarité. En France, 10 % des retraités vivent sous le seuil de pauvreté, 7 % des retraités de 60 à 69 ans occupent un emploi en 2012, chiffre qui a doublé depuis 2006. La moitié d’entre eux y sont contraints par le montant insuffisant de leur pension. Il n’y a eu aucune revalorisation des pensions depuis 2013 alors que les dépenses contraintes et les multiples mesures fiscales augmentent. L’an dernier, plus de 250 000 retraités modestes, et jusque-là non imposables au plan de la fiscalité locale (taxe d’habitation, taxe foncière), découvraient qu’ils devaient s’acquitter de ces impôts et parfois payer plusieurs centaines, voire plusieurs milliers d’euros.
Le 17 mai, le bureau de l’Union confédérale des retraités FO (UCR-FO) a reçu au siège de la Confédération Carla Cantone, secrétaire générale de la Fédération européenne des retraités et personnes âgées (FERPA), organisation qui regroupe environ 10 millions de pensionnés dans 40 organisations syndicales européennes. Le rendez-vous a aussi donné l’occasion à l’UCR-FO de faire connaître ses positions auprès de l’organisation européenne. Carla Cantone a quant à elle indiqué qu’elle était très préoccupée par le développement de la pauvreté chez les retraités européens et a encouragé à défendre notre système par répartition qui permet de meilleurs droits pour les retraités. Le rapport du Conseil d’Orientation des Retraites (COR) publié en décembre 2015, indiquait dans une rubrique consacrée à une comparaison internationale, que « c’est en France, où il atteint 100 %, que le niveau de vie relatif des plus de 65 ans apparaît le plus élevé parmi les onze pays habituellement suivis par le COR (Allemagne, Belgique, Canada, Espagne, États-Unis, Italie, Japon, Pays-Bas, Royaume-Uni et Suède). »
Le COR notait que le niveau de vie était le plus faible en Belgique et au Royaume-Uni, avec « un peu plus des trois-quarts du niveau de vie de l’ensemble de la population. » C’est toutefois aux États-Unis que le taux de pauvreté des plus de 65 ans était en 2012 le plus élevé : 21,5 % contre 2 % aux Pays-Bas et 3,8 % en France, selon le seuil retenu par l’OCDE.
Aujourd’hui trop de retraités, et particulièrement des femmes, sont en dessous du seuil de pauvreté, y compris avec une carrière complète. L’aggravation de la baisse du pouvoir d’achat des retraités ne résoudra en rien les difficultés financières des régimes de retraite, ni ne favorisera le retour de la croissance. Les organisations de retraités dont l’UCR-FO ont d’ailleurs appelé à une journée d’information-mobilisation le 9 juin, pour protester contre la forte hausse de leurs impôts locaux depuis l’année dernière. Une situation qui vient grever leur pouvoir d’achat.

L’action sociale en matière de prestations : ÇA BOUGE !

Le dernier COGAS1 a permis l’aboutissement d’une revendication de longue date initiée par FO : une politique « Aidant familial ». Bon nombre de postier(e)s se trouvent dans cette situation et nous pouvons tous être concernés un jour. Création de nouvelles aides, adaptation des existantes pour les aidants, un panel de prestations sera proposé. Dès le 17 mai 2016, un point d’entrée unique ouvert aux postier(e)s « aidants » pour tout le territoire sera mis en place. Domiserve, prestataire retenu, devra informer, conseiller et orienter, voire même vérifier l’éligibilité aux prestations à destination des aidés et des aidants. À noter que l’accès aux prestations se fera progressivement.

Pour contacter le « Guichet Aidants », composez le 01 78 16 14 27

Le fruit d’une autre revendication de FO a vu le jour. Des barèmes de prestations plus justes, afin de mieux répartir le gâteau entre les postiers, ont été entérinés pour 3 prestations en expérimentation en 2015 : le chèque-vacances, le CESU et les PAS2. Suite aux constats faits sur la mauvaise prise en compte de certaines situations (famille monoparentale, personne en situation de handicap, familles aux revenus modestes), l’évolution de cette méthode de calcul était nécessaire. Les tranches de quotient familial ont été portées à 10 afin de pouvoir limiter les effets de seuil qui entraînaient jusqu’alors une inégalité au niveau de la répartition entre postier(e)s.
Une plus-value, et non des moindres, a été ajoutée par rapport à l’expérimentation : les familles monoparentales voient leurs prestations améliorées puisque leur coefficient modulateur, abondant leurs parts fiscales, est porté à 0,5 au lieu de 0,3.

À noter – Le QF se calcule à partir du Revenu Fiscal de Référence (RFR) et des Parts fiscales (PF) du foyer tel que QF = RFR/PF (PF éventuellement abondées)

Le chèque-vacances continue son remodelage ! Après avoir rendu les dispositifs « Classique » et « Opération Vacances » plus équitables, c’est au tour des « Nouveaux entrants » et des « CDD ». Ces prestations de chèques-vacances n’étaient plus pertinentes puisque basées sur un critère de classe pour les agents. L’abondement de La Poste sera désormais évalué en fonction des 10 tranches de Quotient Familial.
Un coefficient modulateur de 0,5 pour les « Nouveaux Entrants », correspond à notre volonté d’aider ces postier(e)s lors de leur début dans l’entreprise. Ils bénéficieront de ce dispositif pendant 3 ans. Celui-ci sera aligné sur les barèmes de quotients familiaux et le plafond d’épargne autorisé sera celui déjà existant sur le dispositif « Classique ».
Pour les CDD, le bénéfice se fera sur le nombre de plans servis sur un an. Ils seront portés au nombre de 2, avec la possibilité d’épargner jusqu’à 800 euros sur l’année (chaque plan ayant un plafond maximum de 400 euros).

1COGAS : Conseil d’Orientation et de Gestion des Activités Sociales de La Poste
2PAS : Participation aux frais de séjours en centres familiaux de vacances agréés ou en gîtes